5e édition du Forum sur les industries extractives à Dakar: Birame Soulèye Diop appelle à une approche fondée sur les droits de l'homme
La 5ᵉ édition du Forum régional sur les industries extractives, l'environnement et les droits de l'homme s'est ouverte ce matin à Dakar, sous la présidence de M. Birame Souleye Diop, Ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines de la République du Sénégal. L'événement a réuni des représentants des États parties à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, dont S.E. l'Ambassadeur Willy Nyamitwe, Représentant permanent du Burundi auprès de l'Union africaine et Président intérimaire du Sous-comité sur les droits de l'homme, la démocratie et la gouvernance.
Le thème retenu cette année s’impose d’emblée : « 𝐏𝐫𝐨𝐦𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐱𝐭𝐫𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐧 𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 ». Une question qui ne pouvait être plus actuelle, car riche en ressources extractives, le continent africain est devenu l'épicentre d'une compétition géopolitique sans précédent autour des matières premières qui conditionnent la transition énergétique.
Dans son allocution d'ouverture M. Birame Souleye Diop a rappelé que l'Afrique recèle une part substantielle des gisements mondiaux de ressources naturelles (pétrole, gaz, phosphate, zircon, or, fer, cuivre, argent…). Face à cette abondance, a-t-il insisté, « il importe de veiller à ce que la protection des droits de l'homme soit pleinement intégrée dans le développement et l'exploitation de ces ressources ». La réponse réside, selon lui, dans la promotion d'approches fondées sur les droits de l'homme dans la gouvernance des ressources naturelles.
Le Ministre a salué les efforts du droit international pour articuler droits de l'homme et les objectifs de développement durable, afin de prévenir et d'atténuer les atteintes aux droits issus des projets extractifs.
Monsieur le Ministre Birame Soulèye Diop a souligné que le Sénégal s'est aligné aux standards internationaux, notamment via son Code minier de 2016 dont l'article 94 stipule que : « Tout titulaire de titre minier a l'obligation de respecter et de protéger les droits humains dans les zones affectées par les opérations minières […] sous peine de retrait du titre minier », avec interdiction du travail des enfants ».
Le dispositif juridique sénégalais garantit l'acceptabilité sociale des projets, la réparation des préjudices et une répartition des revenus extractifs au profit des collectivités territoriales à travers :
· le Fonds d'Appui et de Péréquation aux Collectivités territoriales (FAPCT) , alimenté par 20 % des recettes minières ;
· le Fonds d'Appui au Développement local (FADL) , doté de 0,5 % du chiffre d'affaires des titulaires de titres miniers ;
·10 % des recettes dans le secteur des hydrocarbures versés dans le Fonds intergénérationnel géré par le FONSIS.
Alors que la ruée mondiale vers les minéraux critiques menace d'accentuer les pressions sur les populations et l'environnement, Dakar envoie un signal clair : l'heure n'est plus à l'exploitation sans limite, mais à une gouvernance où les droits humains, la justice environnementale et le partage équitable des richesses deviennent les piliers inébranlables du développement minier et pétrolier en Afrique.

