Signature du Contrat de construction du Centre des Grands brûlés : souveraineté sanitaire et urgence face à 70% de brûlés non hospitalisés
Ce mercredi 13 mai 2026, sous la coprésidence de M. Birame Soulèye DIOP, Ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines et du Général (2S) Birame DIOP, Ministre des Forces Armées, la cérémonie officielle de signature du contrat de construction du Centre de Traitement des Grands Brûlés (CTGB) s'est tenue cet après-midi au Building administratif Président Mamadou DIA.
Porté par l'État du Sénégal, la Fondation SENELEC et l'Hôpital Principal de Dakar, ce projet structurant répond à un enjeu majeur de santé publique. Chaque année, le Sénégal enregistre plus de 25 000 cas de brûlures, dont près de 1 000 cas graves nécessitant une prise en charge spécialisée. D'un coût estimé à 15 milliards FCFA, le futur centre disposera de 40 lits spécialisés, d'unités de réanimation et de chirurgie reconstructive.
Le Ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, M. Birame Souleye DIOP, a placé son discours sous le signe de la fierté nationale retrouvée :
« Ce centre, c'est la fierté retrouvée. Plus jamais nous n'accepterons d'évacuer nos blessés par brûlure à l'étranger, comme si notre pays était incapable de soigner ses propres enfants. Dès aujourd'hui, nous posons les fondations d'une souveraineté sanitaire pleine et entière. »
Il a insisté sur la nécessité pour le Sénégal, en tant que pays souverain, de se donner les moyens d'une autonomie sanitaire, en s'appuyant sur l'expertise nationale déjà disponible.
À son tour, le Ministre des Forces armées, le Général Birame DIOP, a dressé un tableau sans concession de la situation actuelle à l'Hôpital Principal de Dakar, pourtant hôpital de référence dans ce domaine. Devant l'assistance, il a lancé :
« On parle de trois lits à l'hôpital, trois lits pour les grands brûlés. Jusqu'à 70 % de nos compatriotes brûlés qui se présentent aux urgences ne peuvent pas être hospitalisés. C'est préoccupant, pour ne pas dire gênant pour nous tous. Et nous devons changer cette situation. »
Il a également déploré l'absence de chirurgie plastique au sein de l'établissement, ce qui prolonge les délais d'hospitalisation, ainsi que l'incapacité à prendre en charge les brûlés pédiatriques en réanimation. Malgré des efforts ayant permis de réduire la mortalité de 27 à 30 %, l'insuffisance des plateformes adéquates reste criante.
Cette signature marque une avancée majeure dans le renforcement des infrastructures sanitaires du Sénégal et dans la volonté affichée des autorités de réduire drastiquement les évacuations médicales à l'étranger, tout en offrant aux populations une prise en charge spécialisée de qualité, digne d'un pays souverain.

